28 Jan 2020

Korn / Breaking Benjamin : Compte-rendu et photos du spectacle de Québec (2020) Spécial

J’ai déjà été un gros fan de Korn, à une époque où j’étais constamment à la recherche des sonorités les plus lourdes possibles sur terre. J’appréciais leur son exagérément gras et distordu et leur agressivité/créativité adolescente qui s’alignaient parfaitement sur mes désirs d’alors. Mais après trois albums, s’en était fini pour moi. Je me suis lassé d’eux, à mesure que le groupe sombrait dans des sonorités plus timorées et des structures décidément plus radiophoniques. Je garde tout de même une place dans mon cœur pour leur musique et leur son révolutionnaire – pensez à tous les artistes qu’ils ont influencés, même si certains seraient trop gênés pour l’avouer ouvertement.

Encore aujourd’hui, à chaque nouvelle sortie, je tends l’oreille pour voir où ils en sont rendus. Un peu comme un amant nostalgique d’une ancienne flamme. D’habitude, je suis plutôt déçu. Pourtant, malgré mes préjugés défavorables, Korn existe toujours et en raison du retour du guitariste original Brian « Head » Welch dans l’alignement et d’un dernier album très bien reçu, parait-il que le groupe est de retour sur les chapeaux de roues et plus soudé que jamais. C’est pourquoi j’avais hâte de les voir en spectacle à nouveau. Question de mesurer le chemin parcouru depuis les vingt dernières années.

Quand je suis arrivé sur place, c’est la formation hard rock américaine Breaking Benjamin qui avait pris d’assaut la scène du Centre Videotron. Malgré la foule clairsemée, visiblement, de nombreux fans du groupe se trouvaient dans la salle pour les applaudir. Sûrement en raison de la diffusion radiophonique  importante de leurs chansons sur les stations FM de la capitale depuis de nombreuses années.

Il faut dire que la musique du groupe originaire de Pennsylvanie s’écoute sans trop d’effort; l’alliage de lourdeur bien calculée et de mélodies accrocheuses rend la chose très accessible, surtout pour un public qui aime doser son métal. Cependant, j’ai trouvé que la plupart de leurs chansons finissaient par se ressembler à la longue, ce que leur manque d’intensité sur scène n’a pas réussi à racheter malheureusement.

En effet, malgré les efforts répétés du sympathique chanteur Benjamin Burnley de créer un lien avec la foule, leur prestation m’a semblé beaucoup trop relaxe et ordinaire, mécanique même. Par chance, les spectateurs ont bien répondu au choix des chansons, surtout aux plus connues comme The Diary Of Jane, Red Cold River, I Will Not Bow ou So Cold. Même si ce n’était pas ma tasse de thé, les gens sur place ont semblé en avoir eu pour leur argent.

Place à Korn maintenant, l’attraction principale. Leur prestation s’est ouverte sur une chanson country, peut-être un rappel qu’ils sont originaires de Bakersfield en Californie, là où est né le célèbre Bakersfield Sound de Buck Owens, Merle Haggard et Dwight Yoakam.

La troupe présidée par le chanteur Jonathan Davis a débuté avec la pièce Here To Stay, tirée de l’album Untouchables, pour enchaîner sans perdre de temps avec le succès Blind et son ouverture connue de tous, puis c’est Clown qui est venue couronner ce retour dans le passé plus que savoureux. Ensuite, on a eu droit à Cold et You’ll Never Find Me, deux chansons qu’on retrouve sur le dernier album, The Nothing.

Au grand plaisir de la foule, Davis a bien entendu sorti la cornemuse pour Shoots And Ladders, mais il n’a réussi selon moi qu’à nous casser les oreilles. Belle idée cependant de terminer cette chanson avec la reprise d’un extrait de One de Metallica, devant des spectateurs qui se sont levés en masse pour signifier leur appréciation de ce judicieux clin d’œil.

La foule s’est levée à nouveau pour célébrer Got The Life, une favorite de l’assistance m’a-t-il semblé. Après un passage plus ordinaire, la foule s’est réveillée aux premières notes de Freak On A Leash, dont la finale ultra lourde fut un moment fort de cette soirée, qui a passée trop vite. Si bien que le rappel est arrivé sans qu’on s’en rende compte.

Le spectacle s’est terminé avec Falling Away From Me, qui suivait la chanson Coming Undone, au cours de laquelle le groupe avait choisi d’insérer quelques mesures de We Will Rock You de Queen, comme pour garder les spectateurs en appétit pour un dernier tour de piste.

Au point de vue scénographie, le fond de la scène était longée par des monolithes de différentes hauteurs sur lesquels étaient diffusés des animations tantôt d’ambiance, tantôt plus graphiques. Au travers de ces structures, se trouvait l’imposante batterie de Ray Luzier, qui semblait beaucoup apprécier son travail. La sonorisation était plus qu’adéquate, cependant le son de la basse de Reginald « Fieldy » Arvizu était difficile à distinguer au travers des coups de guitares à sept cordes des deux guitaristes, Head et Munky, qui prennent évidemment beaucoup de place dans le mix. Un léger bémol sans plus.

En somme, un spectacle rodé, plaisant, bien ficelé, axé sur la musique non sur l’esbroufe, qui surprise!, montre à quel point Korn possède plusieurs excellentes chansons dans son arsenal. Arsenal qui date de plus de vingt-cinq ans, comme l’a souligné Jonathan Davis au cours d’une intervention en début de spectacle. Si nous sommes loin de l’agressivité et de l’innovation des débuts, Korn nous a prouvé qu’il a encore assez de mordant et d’attitude pour captiver une foule de calibre, comme celle qui se trouvait ce soir au Centre Videotron. Bien joué!

Malheureusement, votre humble serviteur n’a pu arriver à temps pour apprécier la prestation de la formation britannique Bones UK, alors qu’il était complètement coincé à travers l’opération de déneigement orchestrée de main de maître par l’administration de la merveilleuse ville de Québec. Désolé!

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